lundi 10 juin 2013

Défi n°104 : La révolte de la basse-cour

C'est Eglantine-Lilas qui s'y colle chez les CROQUEURS DE MOTS pour ce défi n°104 et avant dernier avant les vacances d'été.
SOS, la terre, y a-t-il un cap'tain de quart pour nous conduire au ponton n° 105, avant de nouvelles réjouissances pour la rentrée ?

Ma petite participation, comme souvent, fait un pas de côté. Mais je pense que vous ne m'en voudrez pas trop.

Panique dans la Basse-Cour !

Les poules, les oies, les canards, les dindes et les dindons, les pintades ... même le couple de paons ! Tout ce petit monde bien ordonné avait l'habitude depuis longtemps d'être réveillé aux aurores, d'entendre le chant de gloire au soleil du zénith ou de se mettre à couvert, celui du soir qui donnait le signal du repli pour la nuit.
Quand les experts agricoles avaient prôné deux coqs, ils avaient accueilli la suggestion avec scepticisme, mais s'étaient laissés convaincre. Un prêt à taux conventionné valait bien cette concession.
Mais ces deux-là ! leur rivalité les avait rapidement conduit à une surenchère désordonnée ! Le résultat escompté n'était pas au rendez-vous. Non seulement les poules ne pondaient pas davantage, mais c'était quand elles pouvaient et où elles voulaient, au lieu d'aller sagement au pondoir à leurs heures. Quand on les mettait à couver, c'était pire. Avec deux coqs, la moitié des œufs étaient clairs ! Allez comprendre !
Et puis les nouveaux voisins s'en étaient mêlés : ceux-là, des "rurbains", comme les gens du cru les nommaient avec un mélange de respect, d'envie, et de condescendance, voilà qu'ils ont demandé au maire que cesse le vacarme de la ferme !
Alors, quand la nouvelle consigne les obligea à conduire leurs volailles à l'abattoir de la ville à 20 kilomètres d'ici, ce fut l'exigence de trop. Ils venaient de faire refaire de fond en comble leur laboratoire, à grands frais, en s'endettant à nouveau pour dix ans.
Leur Basse-Cour, leur fierté, dont on venait chercher de loin les plus belles dindes et oies pour la noël, il ont décidé de s'en séparer. Comme ça au cœur d'une nuit d'insomnie. Sur l'oreiller.
Un crève-cœur compensé par la perspective d'une semi-retraite bien méritée. Le verger leur laisserait des loisirs à apprivoiser.
Le dernier matin, ce fut un beau chari-vari qui s'entendit à plus de trois cents mètres à la ronde.
Suivi du silence ...
Et depuis, les voisins se plaignent de l'ennui de la campagne.

 




Toute ressemblance avec ... blabla etc, ne serait pas forcément fortuite. Petit clin d’œil sans aigreur, juste comme ça, en toute sympathie, si certains se reconnaissent.