dimanche 9 août 2009

Du paradoxe à l'oxymore

Le paradoxe

"Le paradoxe, c'est le nom que les imbéciles donnent à la vérité."
Paul Valéry

Si réellement, Paul Valéry a écrit cela, il est important de le situer dans son contexte (que j'ignore une fois de plus : internet fourmille de citations, mais rarement référencées avec précision), car au pied de la lettre, cela semble, pardonnez mon outrecuidance, une belle imbécillité.
 
N'ayez crainte, je ne me place pas au dessus de cette évidence que j'avais déjà cité dans Pensées tourneboulées
Michel Tournier a veillé au grain dans Vendredi ou les limbes du Pacifique :
« L'intelligence et la bêtise peuvent habiter dans la même tête sans s'influencer le moins du monde, comme l'eau et l'huile se superposent sans se mêler. » 
Revenons à la définition du paradoxe.
Le paradoxe est une opinion, proposition contraire au sens commun selon linternaute.com. C'est en réalité la définition étymologique, (par opposition à l'orthodoxe)

Mais j'aime beaucoup mieux celle donnée par  Techno-sciences.net

que je recopie ici, (mais vous la trouverez ainsi que son contexte au lien donné).
« Un paradoxe est une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction  logique, ou un raisonnement qui, bien que sans faille apparente, aboutit à une absurdité, ou encore, une situation qui contredit l'intuition commune. Le paradoxe est un puissant stimulant pour la réflexion. Il nous révèle soit les faiblesses de l'esprit humain et plus précisément son manque de discernement, soit les limites de tel ou tel outil conceptuel. C'est ainsi que des paradoxes basés sur des concepts simples ont souvent amené à de grands progrès en science ou en philosophie. »

quelques exemples de paradoxes :

Le paradoxe de la poule et de l’œuf ...        lequel a précédé l'autre ?
Le paradoxe du chat de Schrödinger (en physique quantique)

Si la volonté de dépasser des paradoxes permet à la science de progresser comme c'est le cas en physique ou en mathématique, le maniement des paradoxes est aussi un art du discours bien connu des orateurs pour manipuler le lecteur ou l'auditeur, avec discrétion et, las ! efficacité.

Relevons quelques utilisations du paradoxe :
l'amalgame sémantique ou contextuel, notamment pratiqué par glissement de sens subtil
l'absence de démarcation
le raisonnement sournois, dissimulant habilement une erreur dans la démonstration.

C'est ce à quoi j'ai tenté de faire allusion dans le billet sur "marron" même si j'ai omis d'autres paradoxes liés à ce mot,
comme le fait de désigner, selon le contexte une personne qui est dupée "être marron" ou une personne qui dupe "un avocat marron".


L'oxymore
L'oxymore et un nom masculin dont la musique chante à mes oreilles. Pourtant c'est une variété particulière du paradoxe, un chef d'oeuvre de langue, qui dans une même expression réunit deux mots sémantiquement opposés appartenant à des catégories syntaxiques différentes.

Cette fois-ci, je vous renvoie à nouveau à
 wikipédia d'où j'ai relevé quelques oxymores célèbres :

De [l'
"obscure clarté" de Corneille dans Le Cid, acte IV, scène III jusqu'aux "fous nornaux" de Pierre Desproges en passant par Jean de la Fontaine dont la tortue dulièvre et la tortue "se hâte avec lenteur" et "dans un silence assourdissant" d'Albert Camus dans La chute.

C'est à peu près ce qu'il me semble de « Guerre des bisous ».

Alors, je veux bien envoyer des bisous (avec un s : ce n'est rien de tout cela bijou,caillou, hibou, genou, pou, joujou, chou), mais il ne sera pas question de guerre,

               un mot dont il me semble primordial de ne pas en atténuer le sens,
                            pour ne jamais en oublier l'absurdité !


Des bisous virtuels aussi car avec la progression à bas bruit de l'épidémie de grippe H1N1, il sera bientôt recommandé d'éviter les bisous et autres manifestations d'affection.

Bisous à vous qui passez par ici et belle fin de soirée






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