lundi 30 mai 2011

Défi n°56 : Un soir d'orage ...

Pour LES CROQUEURS DE MOTS, c'est Fanfan qui prend résolument la barre sous un ciel d'orage, pour le défi n°56. Même pas peur !
Elle nous convie à nous lancer dans le polar ...

Un soir d'orage, où le bruit du tonnerre se mêlait à un plastiquage, près de la maison de Dumè ...

Désolée Fanfan, je crains de ne pas avoir de disposition pour les polars aux nuits bleues : Rien que de me mettre à l'ouvrage, cela me fait une peur ... bleue.

De toutes façons, avec tout ce tintamarre, les deux tourtereaux sont partis avec toutes les casseroles (7) se gondolant derrière le parechoc dans l'indifférence générale. C'est malin, personne ne les a vu partir et Mémé qui ne répond pas. Il fait lourd, il a soif. le petit JB. Mémé, où es-tu Mémé (5)?

Elle est partie comme ça au milieu de la nuit, sans même emporter son parapluie.

Son parapluie qui ne la quitte jamais, même en Egypte où elle n'a jamais pu l'utiliser pendant ces quatre années de sécheresse ! C'était une autre époque !

La fille de Mémé s'est enfin mariée à Rogerly et même le petit G, a voulu chanter comme les grands

Il a entonné

- Ploum ploum ploum tagadagada ... (bis) pendant la cérémonie

déclenchant l'hilarité de paroissiens bien peu attentifs ... et l'ire de l'officiant.

Qu'est-ce qu'il faisait, son parapluie, dans le lit conjugal, (4) enfin presque, dans le lit qui devait être nuptial ? Elle voulait l'offrir aux jeunes mariés en guise de prospérité mais ils ne viendraient plus ici maintenant. Et Mémé qui s'était cachée dans leur coffre d'auto !

Heureusement que le chat avait été confié aux voisins (10) pendant les fêtes : Il aurait bien été capable de les suivre jusqu'au bout du monde !

JB se rendit à la cuisine. Il avait soif, quoi d'étonnant ! Le garde manger* (1) était encore resté ouvert et la bouteille avait disparu. A la place une délicate pantoufle de vair (2) qui le fit immédiatement penser à Cendrillon

Une Cendrillon qui n'aurait pas retrouvé un prince pas charmant. et qui aurait dû se débrouiller seule, avec les conséquences de ce qu'il convenait bien de nommer "un troussage de domestique"**.

Mémé avait assumé, la tête haute, avec l'aide de ceux qui s'étaient chargé de sa fille, quand il lui fallait bien gagner son pain.
Sa fille, vivait son statut beaucoup plus douloureusement et depuis le temps qu'elle s'occupait de lui après le décès de sa maman, il ne lui avait pas été possible d'aborder le sujet.
Elle était longtemps restée vieille fille comme on disait alors, mais tout le monde s'était réjoui de cet arrangement qui l'avait unie aujourd'hui à son ami d'enfance, à son papa.

Elle était sa marraine depuis toujours. Une marraine un peu fée, comme toutes les marraines. Depuis ce matin, elle était aussi devenue sa belle-mère ! depuis ce Oui échangé avec émotion et une infinie tendresse. Et pourtant ce fond de tristesse dans les yeux de la mariée.

Il sourit à cette idée. Comment rêver plus douce belle-mère, depuis le temps qu'elle prenait soin de lui avec plein d'attention. Encore une différence de taille avec le conte.

Bien sûr, après la noce, toutes les bouteilles étaient vides. (6) Heureusement qu'il restait un peu cidre  dans le pichet car il ne se voyait pas aller tirer de l'eau à la pompe.

La pièce principale donnait directement sur la cour et il avait si peur que le grand-père (3) ne se soit invité. Il lui semblait bien sentir son corps lourd barrer la sortie sur le seuil.

Ah, il n'avait pas intérêt à se montrer celui-là ! Ce matin, le petit JB, en croisant le regard voilé de sa marraine, et en dépit du silence sur ce secret, s'était juré de savoir qui avait, de force, engendré celle qui allait consoler les jours de son père.

Il commencerait son enquête dès lundi (9) ! Qui a dit que c'était impossible ? (8)

* pardon Fanfan et les Croqueurs mais en ce temps-là, le frigidaire n'avait franchi l'atlantique que chez quelques foyers aisés.

** permettez-moi de prendre la défense de Jean-François Kahn, dont, connaissant par ailleurs son engagement pour la cause des femmes, j'ai du mal à penser qu'il ait prononcé cette expression avec une intention graveleuse. Je crois au contraire qu'il a trouvé l'expression juste et qu'il a mis le doigt sur une vérité qui dérange bien au-delà de cet épisode, car il ne s'agit pas seulement ici de  machisme dans ses excès les plus abjects, mais de machisme associé à la soumission largement considérée comme allant de soi, du serviteur ou de la servante au maître.

Consignes :
L'histoire commence ainsi:
Un soir d'orage ,où le bruit du tonnerre se mêlait à un plastiquage  ,près  de la maison de Dumè , ....à vous de continuer
Voici les questions:

1- Pourquoi la porte du frigo est-elle ouverte ?
2 - Pourquoi y-a-t-il une chaussure à l'intérieur ?
3- Pourquoi le grand-père est-il couché dans l'entrée ?
4- Que fait le parapluie dans le lit conjugal ?
5- Où est passée la grand-mère ?
6- Pourquoi la bouteille est-elle vide ?
7- Où sont passées les casseroles ?
8 - Qui a dit que c'était impossible ?
9 -Pourquoi lundi ?
10- Que fait le chat chez les voisins ?